8 mars

Retour sur l’apéro d’entrepreneurs – off d’Oxalis

Le texte qui suit est un subtil mélange entre un retour sur les échanges ayant eu lieu et les questions qui traversent à ce moment-là, la personne qui écrit ces lignes.

La coopérative Oxalis s’est associée à La Renouée pour organiser un apéro thématique autour des questions d’entrepreneurs cette fin février.

Autant du côté d’Oxalis, la question est naturelle, autant à La Renouée, la question pouvait sembler exotique. Et pourtant, organiser quelque chose autour de cette question prend tout son sens dans ce genre de maison. En effet, autour de la Renouée gravitent des personnes qui, sous une myriade de formes différentes, portent des activités personnelles. Micro-entreprise, coopérative, association, Entreprise individuelle, SAS, SASU, SARL, et j’en passe.

Le pari était donc là. Organiser un temps libre où on peut s’autoriser à parler simplement de questions qui nous traversent dans nos quotidiens ou envies d’entrepreneur.

Bien que l’événement ait été organisé au pied levé, 12 personnes sont venues discuter ce vendredi soir. De l’artiste intermittent au salarié de coopérative en passant par des porteurs de projets variés. Voici une sélection de questions ayant traversé les débats :

Recherche et subsistance : Quand on a pas la taille d’une grosse boite ou un état et que notre visibilité financière est dans le meilleur des cas à 6 mois, comment peut-on faire de la recherche et du développement ? Est-ce qu’on peut se le faire financer ? Est-ce qu’on rogne sur le confort ? Quelques témoignages de double activité, d’appui sur du chômage ou des minimas sociaux ont été contés. Il n’y a pas de bonnes recettes, que des équilibres à trouver.

Lieux de vie et travail, Où se sentir bien ? Bosser en local, c’est chouette mais quand tes clients c’est une fois sur deux tes potes, parfois on a besoin d’air. Par ailleurs, le mélange des genres peut devenir complexe notamment sur des activités d’accompagnement. Comment on trouve le lien entre une activité qu’on aime et l’endroit où on vit et où c’est compliqué de travailler?

Mutualiser quand on porte une activité tout seul ?

T’inquiềt’, je fais la com’, la commercialisation, la production, la compta, la gestion administrative ça passe crème…

Les participants partageaient une même impression : on ne peut pas tout porter. Comment aller chercher des compétences? où ? de quelle manière ? Comment s’accorde la confiance aux autres? Faut-il forcément payer ? Est-ce qu’il existe d’autres manières d’échanger ?

Plusieurs témoignages ont, ici encore, pu illustrer des réponses à ces questions.

Faire payer des amis et proches

-C’est quoi ton réseau ?

-Bah, mes potes et certainement, les potes de mes potes.

Dans le lancement des activités, les premiers clients sont souvent les proches. Du coup, on a vite tendance à ronger les bouts de la nappe pour faire plaisir, du coup, c’est pas facile de s’en sortir avec ça. Par ailleurs, avec certains clients, on peut se retrouver politiquement ou affectivement. Quelques retours d’expérience ont illustré ces situations floues qui créent parfois des « dettes symboliques », ressentiments et mésententes.

Faire payer tout court

Au cours des discussions est venue la question de la contractualisation, autrement appelé le ça va faire XXX€. Pour certain.e.s (beaucoup) c’est loin d’être facile. Est-ce qu’on peut déléguer ? L’expérience des artistes et des programmateurs nous montre que oui. Pourquoi cela ne serait pas possible dans d’autres domaines ?

Le tableau a été utilisé pour indiqué les noms des participants, leurs domaines d’activité et les envies de sujets à aborder

Bref, un apéro agréable où les maniaques des tableaux ont même réussi à se faire plaisir sur le nouveau tableau effaçable de La Renouée (merci au donateur).

Malheureusement, nous n’aurons pas eu le temps de :

Faire des cartes postales pour la com’  d’événements

Discuter du travail coopératif à distance à partir de ce document.

Phrases picorées au cours de la soirée :

La question de l’affectif revient souvent dans nos relations, y’a anguille sous roche !

Les coopératives, l’intermittence, à partir de quand on entretient notre propre précarité ?

Moi, j’ai pas de scrupule à bosser pour des gros comptes, mon argent vient sur le territoire et je le refile quand je vais faire mon marché, mes commandes. 

J’ai plus envie de bosser avec des potes, c’est trop le bordel!